Les habitants de Bundanoon en Australie (Bundy, pour les habitués – une ville de 2500 âmes située à 100 km de Sydney) ont voté l’interdiction de la vente de bouteilles d’eau dans leur ville, ce qui est une première nationale… et sans doute mondiale. Pour mémoire, les étudiants de l’Université de Leeds, en Angleterre, ont voté une interdiction similaire sur leur campus en décembre dernier, mais aucune ville n’était encore allée jusque là. Et à Bundanoon, ce vote s’est fait à l’unanimité, puisque sur les 356 votants, seules 2 personnes se seraient sont prononcées contre l’interdiction.

Pour l’anecdote, la décision aurait été prise, selon The Telegraph, après que l’entreprise de boissons Norlex ait rendu public son projet de pomper de l’eau dans les nappes phréatiques des environs, puis de la transporter en camion à Sydney pour la mettre en bouteilles avant de la rapporter pour la vendre localement. La décision de Bundanoon est en tout cas un coup dur pour l’industrie de l’eau en bouteille qui souffre pas mal depuis quelques temps, et elle fait le bonheur des écolos, qui rappellent que 70% de l’eau en bouteille vendue dans le monde l’est dans des bouteilles en plastique dont une sur cinq seulement est recyclée (voir notre fiche-produit "Eau").

Il sera donc désormais illégal pour les magasins de la ville de vendre de l’eau en bouteille, et la Mairie de Bundanoon les encourage à proposer de l’eau filtrée (moins chère que l’eau en bouteille) ou à vendre des gourdes pour compenser leurs pertes. La ville d’apprête d’ailleurs à installer des fontaines à eau filtrée dans ses rues pour que les gens puissent remplir gratuitement lesdites gourdes.

Les visiteurs de Bundanoon, de leur côté, ne se verront pas infliger d’amende s’ils boivent de l’eau en bouteille mais seront vivement incités à se rallier à l’engagement local ! L’Etat de Nouvelle-Galles du Sud, dont Bundanoon fait partie, a en tout cas emboîté le pas à la petite ville en annonçant le même jour sa décision d’interdire l’eau en bouteille dans toutes ses agences et administrations (comme l’ont déjà fait 60 villes dans le monde, aux Etats-Unis, en Angleterre ou au Canada), pour éviter "un gâchis d’argent et de ressources naturelles".